The Tigers’night
La nuit des tigres a été un franc succès pour les organisateurs, la fédération malagasy de taekwondo (FMTkd) en collaboration avec Media Consulting.
Le palais des sports, aménagé car seul un coté des tribunes était ouvert au public, était plein. Quatre disciplines se sont relayés pour monter sur le tatami lors de la première partie de la soirée qui a duré environ une heure et demie.
Un art traditionnel modernisé
Le Diamanga, un art traditionnel malagasy modernisé par l’équipe du docteur Alain Razakatiana a ouvert le bal. Les pratiquants étaient tous vêtus de malabary : haut rouge, écharpe en soie (landy) en guise de ceinture et pantalon noir. La dite discipline zanatany a été, la première à se produire sur scène. Elle a, apparemment, copié plusieurs techniques et formes d’arts martiaux asiatiques vu leurs coups de pied et poings, balayages et self défense identiques à ceux des yeux bridés. Les matériels utilisés étaient, en plus, tous très modernes, très loin de la vraie culture malagasy. Quoiqu’il en soit, le public a apprécié.
Tout blanc avec un Akama noir
Sans tarder, l’équipe du sensei Hery Benjamin Andrianasolo a démontré, à son tour, son savoir faire en Aïkido, un art japonais sans compétition mais qui se distingue par ses techniques de base d’immobilisation, la combinaison des saisies de toutes formes, finalisée par la projection de son partenaire et le désarmer à chaque fin de mouvement. Selon les commentaires du sensei Lova sur leur part de démonstration « ce ne sont pas les coups qui sont importants mais la maitrise et le contrôle des adversaires». Ce vieil art japonais est connu pour son principe d’éviter la brutalité mais très pratique par l’harmonisation des mouvements.
Au rythme de la salsa
Sans commentateur ni commentaire, la bande à Angeluc Rehava a bien transmis le message à travers les mouvements de base, déplacements fondamentaux, techniques aériennes spectaculaires du Capoeira brésilien. Le tatami du palais des sports a été transformé en une surface rasée au milieu d’un champ de cannes à sucre où la danse des esclaves est devenue un art typiquement brésilien. Les pratiquants entrent deux par deux vers le milieu du tatami et y échangent des coups de pied tournants en toute rapidité, décorés de temps en temps par des acrobaties sous formes d’attaques ou d’esquives.
Une fusion pratique pour les dames
Le Taebo et les dames en pleines formes. Elles étaient plus d’une vingtaine, vêtues de T-shirt noir et pantalon moulant noir. Une équipe 100% féminine, dirigée par coach Francia Randrianarison. Elles ont commencé par des mouvements plus soft en guise d’échauffement mais la musique « dance » a, petit à petit, intensifié le rythme, et les techniques devenaient de plus en plus complexes. L’âge de ces dames ne les a pas empêché d’enchaîner les coups de pied du taekwondo coréen et les poings de la boxe anglaise, disciplines d’origine du Taebo.
Les spécialistes coréens sous les projecteurs
Après une pause de presque trente minutes, la soirée continue et entame la deuxième partie. Celle-ci a été entièrement consacrée à une série de démonstrations, concoctées par les cinq experts sud-coréens en taekwondo avec des très jeunes pratiquants malgaches, encadrés par les anciennes gloires comme Dimby Pharlin, Narinja Ramanantsoa et Rivo Rakotobe. Les casses des planchettes sous différentes formes de coups de pied tournant spectaculaires et ou aériens ont fait vibrer le public du palais. L’un des dits experts coréens, très convainquant par son exécution, a réussi à couvrir les maladresses de ses compatriotes qui ont raté à plusieurs reprises leurs casses. L’expert coréen aux cheveux roux a su parfaitement maitriser sa casse, les yeux bandés et a pu viser, à coup de pied acrobatique, avec précision une pomme au bout de la pointe d’un sabre. Les maitres coréens ont également apporté une touche à la démonstration en effectuant, avec les petits taekwondoistes malgaches, des mouvements d’ensemble au rythme de la musique.
Bref, le public a été satisfait des 25 minutes de prestation de l’équipe du taekwondo. La soirée était une sorte de tour du monde en arts martiaux.

