Samoëla sur tananalife.com

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De chaudes confidences ….

Samoëla est une valeur sure de la chanson malgache.
Connu pour ses coups de gueule et son coeur gros comme ça, il a accepté de jouer au jeu des questions-réponses sur tananalife.
Interview.

Les bonnes nouvelles pour 2010 pour commencer ?

Je continue, je travaille, je continue le travail … En fait un projet d’album de Samoëla est en train de se construire progressivement, et pourrait sortir en novembre ou en décembre 2010, je serais en résidence vers le mois de juin. Les compositions sont déjà toutes achevées, et nous aurons besoin de cette résidence-création qui durera environ un mois, pour travailler l’album.

Samoëla est connu pour être un chanteur populaire habitué des grandes scènes. Ces temps-ci pourtant, tu as l’air de t’investir de plus en plus dans de petits cabarets et/ou des scènes réduites. Y a –t-il une raison particulière ?

Sauf exception, je ne fais des cabarets qu’à Antananarivo. Et le reste des shows à Madagascar se font en plein air …
Je prépare de grandes choses à Tanà, et je préfère passer par cette étape. Pour te dire juste, Samoëla donnera un concert à Antsahamanitra en 2010. Voilà pourquoi cette année on ne m’a pas vu à Antsonjombe ou sur d’autres grandes scènes de la ville.
Les cabarets, au-delà du fait qu’ils me servent à préparer les grands concerts, sont en quelque sorte des privilèges que je m’accorde et que je donne aux gens. Cela se passe dans de petites salles, et je trouve que çela a un peu plus de valeur ajoutée dans le sens où le naturel et l’intimité avec le public y sont beaucoup plus marqués.
Il faut dire aussi qu’il y a une grande partie des fans qui ne viennent voir Samoëla qu’en cabaret. Et certaines personnes habituées du Calabria n’iront jamais au Piment Café, Samoëla ou pas Samoëla ! Chaque année, je m’efforce donc de faire ce petit pèlerinage de certains cabarets d’Antananarivo pour ces raisons – là.

Si on te connaît surtout en tant qu’artiste, on sait aussi que tu assumes plusieurs casquettes (manager, tourneur, producteur monteur, technicien de son …)

Je ne devrais pas. C’était au départ une question de nécessité. Quand nous avons commencé à organiser des concerts en 1998, c’était parce que l’organisation de nos tournées par des tierces personnes ne nous satisfaisait pas. On s’est dit qu’on pouvait faire mieux avec nos moyens, et c’est pareil pour les studios, les enregistrements et le reste.
J’assume ces casquettes faute d’avoir trouvé le bon gars qui saurait le faire à ma place et qui le ferait vite et bien. Il y a plein de très bons techniciens à Madagascar, mais je ne vois pas l’intérêt d’engager des personnes qui ne pourraient pas travailler du mieux qu’elles le peuvent et qui ne sentiraient pas les choses comme moi je les sentirais.
Aujourd’hui, je ne touche plus au mixage, parce qu’il y a Andry qui s’en occupe bien. C’est un technicien qui répond à mes attentes. Quand je trouverai d’autres techniciens qui sentent les choses comme je le sens, je m’arrêterai. Quoi qu’il en soit, ce sont des bagages techniques qui ne peuvent qu’aider. Et je me contenterai bien de n’être qu’un simple artiste.

On peut quand même dire de tu as aujourd’hui Be Mozik!, une maison de production qui est bien structurée …

Oui, Be Mozik! est une équipe de plusieurs personnes qui travaillent dans plusieurs domaines techniques relatifs à la musique. Mais quand je travaille chez Be Mozik!, je suis un simple technicien comme les autres. Il n’y a rien à voir entre Samoëla l’artiste-chanteur, et le technicien que je suis. Si je monte un clip de Raboussa par exemple, je ne jouerai jamais à donner des conseils artistiques ou autres. Et le professionnalisme réside dans le fait de savoir dissocier les métiers. Il ne faut pas mélanger les choses et avoir l’humilité de rester à notre place. Sinon, toutes les créations de Be Mozik! seraient stéréotypées et se ressembleraient toutes.

Un mot sur Poezia Project et Man’Dam ?

Poezia Project, ce sont des textes que j’ai commencé à écrire il y a 5 ans. Je suis d’abord auteur avant d’être chanteur et c’est ce que je préfère. Si on se souvient, Havako mamomamo, mon premier tube, était chanté par Vero et Poune.
Man’Dam n’a aucune programmation de concerts ou autres, c’est un projet audio. Après, la particularité de Be Mozik! est de réagir à la demande. Si le public souhaite un clip, on essaiera de trouver un concept pour mettre Poezia Project en images, et c’est pareil pour les concerts. Beaucoup de personnes vont vers Be Mozik! pour essayer de produire des concerts de Man’Dam, mais c’est nous qui mettons un frein à cela. Ce n’est pas parce que les gens connaissent Ambohimahadizina qu’on va faire un concert. On voudrait plus que les gens s’imprègnent de l’album. Et je remercie ici les consommateurs parce que c’est un album qui marche.

Justement en parlant de vente de disques, Be Mozik! est l’une des seules maisons de production qui s’engage contre le piratage en mettant en place des protections numériques contre la copie…

Il faut montrer au gens que nous sommes contre le piratage. L’essentiel n’est pas de savoir si la protection de nos albums est la plus efficace qui soit. Le plus important est de montrer que nous engageons des actions contre le piratage. Nous savons que nos protections n’arrêteront pas les plus téméraires, mais contribuent à ce que les gens comprennent qu’il faut changer les choses. C’est plus de l’éducation que de la protection. C’est dur de penser qu’on a travaillé Poezia Project pendant 2 ans et qu’on va forcément se faire pirater l’album. Mais nous sommes heureux de savoir aujourd’hui que beaucoup de gens achètent l’album audio original et prennent le temps de l’écouter. Et je peux le dire, Be Mozik! est la seule maison de production qui vend exclusivement des disques audios, et qui se porte bien, si la plupart des établissement à Madagascar se sont tourné vers le VCD.

Interview enregistrée le 2 juin.

Tony Rakoto

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