Les formations artistiques de Guy Pradel

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De nouvelles perspectives naturelles

Résident depuis 12 ans à Madagascar et connu pour ses œuvres essentiellement en marqueterie, Guy Pradel a dispensé les cours de design du projet Exhib Design/Bikarena. Se définissant expert en métier d’art, il nous livre dans cette interview ses méthodologies pour insuffler son savoir – faire.

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Tananalife (-) : Comment avez-vous abordé l’approche au design à ceux qui, il y a quelque temps peut être, ignoraient le sens du mot, voire son utilité?

Guy Pradel (*) : Il est vrai que la plupart des apprenants sont des gens qui connaissent parfois peu la ville et ses tendances. Certains vivent complètement isolés dans leur région et ma démarche a consisté à comprendre leurs repères. Durant 3 jours, je n’ai fais que les regarder vivre. Mon étude s’est ensuite portée sur les matériaux qu’il emploient quotidiennement pour adapter les cours à leur environnement.

(-) : Comment avez-vous procédé pour leur inculquer en si peu de temps des notions de design ?

  • : En tenant compte de tous ces paramètres et en leur suggérant quelques exercices pour déceler leur personnalité et les objets qui correspondraient à leur besoin. Mon but n’est pas de les inciter à réaliser des objets de ma création, mais d’éveiller leur créativité en travaillant les matériaux qu’ils ont coutume d’employer.

(-) : Quelle a été la méthode didactique pour leur suggérer de travailler les mêmes matières mais avec une autre perspective?

  • : Par les croquis et une autre vision des objets utilitaires. A part la partie théorique qui consiste à maîtriser l’art de la matière (raphia, coton, bois, cuivre,…), un dessin vaut plus qu’un grand discours. Adapté aux couleurs qu’ils aiment ou de celles de leur choix, l’ouverture artistique se fait par elle-même.

(-) : Avez-vous rencontré des problèmes lors de ces formations ?

  • : Aucun. Elles se sont réalisées selon une logique pyramidale de façon à ce que les élèves suivent leur propre évolution esthétique, tout en améliorant leur méthode de travail. Je considère que 90% d’entre eux ont vraiment changé leur mode de vision et 10% ont réalisé des œuvres par respect de cette approche.

(-) : Quelles satisfactions tirez-vous de cette expérience et sa plausible évolution ?

  • : Pour toute l’équipe qui a conçu ce projet, c’est un ravissement de constater cette autre forme de prise de conscience. Les objets réalisés étant tous utilitaires, l’émotion créative qui a découlé de cette formation est vraie. Aujourd’hui, nous espérons que cette évolution esthétique suivra naturellement son cours. Nous entendons continuer cet accompagnement en développant des débouchés commerciaux allant de pair.

Interview réalisée par Renée Raza

Tana nalife

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