La parole à Fidisoa Ramanahadray

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Interview

Le coordonateur de SAR’NAO, mois de la photo 2010 est un photographe émérite qui n’est plus à présenter dans le milieu artistique malgache.
Entre deux installations, il a accepté de répondre à nos questions, alerte et détendu …

Fidisoa, pouvez-vous nous parler de l’histoire du mois de la photo ?

Sar’nao est un évènement qui existe depuis1994. Depuis 5 ans cependant, l’évènement était dans une période de veille. Si il a été initié par l’association TIF’IMAGE à ses débuts, plusieurs journalistes photographes et des passionnés de photographie d’art se sont regroupés en 2004 pour créer Sténop’Art, qui est porteur du mois de la photographie depuis cette année.
Ces années de veille s’expliquent par les nécessités existentielles des membres retenus pour diverses raisons (professionnelles, familiales, personnelles …)

Qu’est-ce qui vous a personnellement motivé pour cette édition 2010?

Je suis revenu de Bamako en novembre 2009 (Biennale africaine de la photographie) avec le souci de mettre ma pierre à l’édifice, notamment avec le partage de mes acquis de là-bas.
Et le mois de la photo va dans ce sens, ce n’est pas une manifestation pour la promotion de Madagascar, mais plus pour les photographes malgaches. Voilà pourquoi nous nous orientons beaucoup vers le renforcement des capacités, les ateliers spécialisés, les formations, les concours et les conférences-débat.

Comment expliquer la concentration des évènements publics dans les centres culturels ?

Comme vous le savez, le pays est en crise. N’oublions pas que nous sommes une association de passionnés. Avec les aléas liés aux financements, ces établissements étaient pour nous des opportunités qui s’étaient présentées et que nous ne pouvions pas refuser. Je vous dirais par exemple que le hall de la gare de Soarano se loue à 1.800.000 ar par jour. Nous avons donc conclu des accords pérennes avec le Louvre et le Café de la Gare pour cette année.

Un mot sur l’organisation ?

Notre noyau dur est composé de six personnes. Nous fonctionnons beaucoup sur le bénévolat pour le reste et assumons l’ensemble de l’organisation, de la communication aux installations en passant par le volet financier. Vonjiniaina et Temandrota sont les deux artistes qui assument la scénographie avec les commissaires.

L’objectif de SAR’NAO est la pérennité qui s’étalera le long de l’année. L’hôtel du Louvre a des cadres permanents sur lesquels des photographes pourront exposer toute l’année, nous prévoyons des sorties, des suites aux formation qui ont été entamées au mois de février, il y a également les concours de sténopés, des ateliers qui s’adressent aux lycéens … Bref, nous essayerons de faire de SAR’NAO une plate-forme de lancement des photographes !
Les centres culturels nous offrent une aide essentielle dans l’hébergement et la programmation des évènements.

Et sur le plan personnel, où en êtes-vous actuellement ?

Au mois de juin, j’ai participé à l’exposition Bemiray dans le hall de la gare avec plusieurs artistes. Mais je raisonne toujours par rapport à l’association (Sténop’Art : As’Art). Il y a également un projet relatif à la biodiversité et une expo internationale en cours de négociations. Je dirais juste qu’iI y a des étapes, et je ne veux pas monopoliser les expositions à longueur d’année, j’aurais l’impression au bout d’un certain temps d’être périmé. Il faut se reconstruire continuellement.
J’enseigne également la photographie dans des écoles à Antananarivo.

Un petit état des lieux de la photographie à Madagascar ?

Il y beaucoup de bons photographes au pays. Des milliers. Mais peu d’entre eux ont la méticulosité et la patience de persévérer. Voilà pourquoi nous souhaitons donner une place aux jeunes talents.
Et ce n’est pas parcequ’on sait appuyer sur un déclencheur que l’on est photographe professionnel. Il y a des normes et des règles à respecter, des subtilités à savoir saisir. Les photos doivent être étoffées de tout cela.

Il y a des cas comme ça lors de la sélection. Des candidats pensaient avoir pris de superbes photos que le jury, composé de professionnels, n’a pas sélectionnées. Voilà pourquoi ces ateliers sont essentiels. Néanmoins, l’investissement lié à l’achat d’un appareil photo montre l’amour de la photographie.
Et pour finir, j’’encourage les photographes et amateur de la photo à visiter ce mois de la photo et leur donne déjà rendez-vous en 2011, qu’ils se préparent dès aujourd’hui, et éviter de chasser les clichés un mois avant le début des sélections de l’année prochaine.

Le mois de la photo, à Antananarivo jusqu’au 31 juillet 2010

Tony Rakoto

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