Un nouveau regard sur la musique malgache ...
Il est jeune et curieux de tout. Courant après de nombreux métiers, assumant plusieurs casquettes, I Lema bouscule à sa manière le paysage musical et culturel d’Antananarivo.
Après un premier prix lors des dernières rencontres du film court, une démo de quatre titres distribuée gratuitement dans les cybercafés de Tanà, I-Lema prépare la sortie de son premier album.
Il nous donne le « la » entre deux formations ….
I Lema est un touche-à tout …
Ce n’est pas une question (rires) ! Je me présenterais comme un artiste qui jongle entre le rock et la musique électronique. C’est un choix que j’ai assumé il y a quatre ans de rajouter à tout ceci des consonances musicales malgaches. Comme tu sais que l’électro est une musique sans frontières, le fait qu’on puisse y retrouver le son des « Vako-drazana » est très important pour moi. Cela fait partie de mon identité …
Un petit mot sur la musique électronique à Antananarivo ?
Il nous est très difficile d’entrer en concurrence avec les grands noms de l’électronique de l’étranger parce que c’est d’abord une question de décalage culturel. C’est une musique importée à Madagascar. Et si tu parles de création musicale, ça se passe surtout en underground. Des choses se font, des réseaux se créent. Je pense sincèrement que l’électro se fera sa place dans notre paysage pour les 10 ans à venir. Aujourd’hui, les petites touches électro se retrouvent autant dans le rock que dans le jazz …
On te connait surtout pour ton premier prix lors des 4 èmes rencontres du film court et la distribution gratuite d’une démo en 2009 …
Le cinéma est une passion, mais ma relation avec la musique est quasi fusionnelle. J’ai envoyé certaines de mes créations en distribution libre dans plusieurs cybercafés d’Antananarivo.
Beaucoup de jeunes talents n’ont pas les moyens de s’exprimer… et il faut payer pour être diffusé. Cela a une réelle incidence sur la qualité de la programmation musicale des chaînes de radio ou de télévision. Je me suis mis à explorer de nouvelles formes de diffusion et de promotion musicale qui ne dépendent pas trop de l’argent. C’était surtout un coup d’essai pour amener les gens à aller à la rencontre d’une musique différente, dans une structure différente, pour qu’ils puissent découvrir une manière différente d’appréhender la musique. Un bon coup d’essai!
Ton premier album est en préparation …
Je prépare sa sortie depuis l’année dernière. Jusqu’ici, je prévoie 14 titres entre rock, électro et sonorités traditionnelles. Des titres sont déjà disponibles en écoute sur Internet. J’hésite encore sur la stratégie de distribution à adopter, mais d’ici la sortie de l’album, ça s’éclaircira … Je projette aussi un concert unique de promotion. Il est préférable de réussir un concert unique qui plaise à tout le monde que de partir dans tous les sens.
Quels sont les retours que tu as eus à Antananarivo par rapport à ta musique ?
On me dit que c’est nouveau ! Et les gens se passent des titres entre eux, même si tout cela reste en comité vraiment très restreint … Mon objectif est de brasser toutes les tranches d’âges. Si c’est du son qui bouge, ce n’est surtout pas de la musique formatée pour les boîtes de nuit. Je voudrais qu’on associe plus ce que je fais aux petites fêtes familiales qu’aux rave-party de la ville. Et je donne aussi une place importante aux paroles de mes chansons. C’est une manière ludique de passer mes petits messages quoi …
Une petite conclusion bien sentie ?
A tous ceux qui attendent d’explorer des horizons différents, la nouveauté arrivera bientôt à vous ! (rires)
Retrouvez I Lema sur son blog : http://www.ilema.musicblog.fr et sur facebook à l’adresse http://www.facebook.com/ilema madagascar

