Quand Tahala Rarihasina et Design ne font qu'un ...
A partir de ce jour, le centre Tahala Raharihasina à Analakely abrite l’exposition Exhib Design/Bikarena. Elle présente les résultats d’une formation de design entrepris dans six localités de l’île, avec des matières naturelles. Le résultat est surprenant de par l’originalité des oeuvres et encourageant de par le devenir potentiel de l’artisanat moderne dans des contrées insoupçonnées.
Un projet conséquent
S’il n’y qu’une exposition que vous devrez voir pour la fin de l’année, c’est celle là.
La raison ? Elle a ce mérite de réunir sous une même bannière les rapports : éthique, esthétique, qualité, prix. Un quadruple rapport qui a nécessité 2 ans de gestation, 6 sites pilotes ( Ambatolampy, Tsinjoarivo, Antsirabe, Ambositra, Fianaranstoa, Ambovombe) et des formations sur le terrain. 6 entités ont su conjuguer leurs efforts pour faire de cet évènement une réussite à tous les niveaux. Avec pour accueil une exposition de photos sur les petits métiers signée Laland et une décoration intimant au cheminement du design naturel, signée Guy Pradel (voir interview), on peut affirmer sans conteste que les tenants d’une vraie dynamique artisanale sont là.
De l’insolite au naturel
Organisé en exposition vente, le concept peut se targuer d’une chose, présenter des pièces uniques. On ne sait si c’est par éveil artistique ou par suite des cours résolument avant-gardiste, chaque pièce comporte une originalité originelle. Les coussins en peau de chèvre rasée suivant un modèle zébré ou ceux en tronc de bananier tressés assurent que le confort est dans la nature.La chaise en sisal et bois blanc rappelle que les œuvres respectent les formes ergonomiques. Suivant des formes originales et des couleurs franches, les vanneries se tressent et se contorsionnent pour devenir des objets utilitaires, la fantaisie en sus. Le lamba connaît des versions ponchos ou écharpes multi poches et les nappes brodées se découvrent sur un nouveau support, la polaire (!).
Les sites du Cite
L’ébauche de cette opération a pour dénominateur commun les antennes du Cite (Centre d’information technique et économique). Le projet a étayé sa toile aux communes environnantes, pour délocaliser les formations qu’il inclut. Flanqué d’un traducteur, Guy Pradel a sillonné quelques semaines les pistes, pour dispenser de succinctes formations sur l’art du design au naturel. Elles ont été élaborées dans le respect du patrimoine environnemental, culturel et social et permis une ouverture culturelle aux apprenants. Parmi eux, des ouvriers, des paysans, des artisans temporaires ou confirmés et des micros entreprises artisanales. Une expérience enrichissante qui s’est vue financée par l’union européenne.D’une pierre deux coups
Les sacs de ciment faisant office de tapis rouge rappellent aux visiteurs que l’espace Rarihasina a besoin de rénovation. Ancienne prospère grande boutique durant les années coloniales et devenue propriété de l’Etat, la bâtisse accuse de sérieuses dégradations. A part les peintures de devantures et des aménagements personnalisés, elle n’a jamais connu de gros travaux de réfection. La société Pacom se fait le maître d’œuvre d’un financement à trouver. Que ce soit pour visiter l’exposition, vous protéger de la pluie ou proposer des financements, l’évènement durera jusqu’au 18 décembre.Photos et texte de Renée Raza

