Ariry Andriamoratsiresy, artiste aux multiples facettes

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Interview

Ariry Andriamoratsiresy, artiste aux multiples facettes
Chorégraphe, danseur, professeur, créateur de mode, couturier… Ariry porte de nombreuses casquettes. S’il les assume toutes, aucune ne saurait le définir isolément. C’est dans le calme de son école de danse au Tahala Rarihasina qu’il nous a accordé cet entretien, au milieu du gentil capharnaüm qui lui sert d’atelier.

Parle-nous de tes débuts…

J’ai grandi à Fianarantsoa. Après mon service militaire en 1986, je suis monté à Antananarivo pour découvrir la danse moderne. Lemy jean Florent, Simone Raparany saraela, Théo Ranjivason et Aimée Razafimahaleo étaient mes repères malgaches à l’époque et le restent encore. Parallèlement, j’avais suivi une formation universitaire en Education Physique et Sportive à l’ENS. J’y avais fait mon mémoire sur le thème de la danse, et mes objectifs avoués étaient de devenir professeur de danse et chorégraphe spécialisé. J’avais intégré la compagnie Tsingory en 1995.

Tsingory, qui est devenue Itsingory depuis, a donc été le tremplin de ta carrière de danseur-chorégraphe ?

J’ai participé avec Tsingory à des rencontres autour de la promotion de la danse contemporaine africaine en 94 et 95 avec Alphonse Thierrow, chorégraphe-chercheur ivoirien. Son discours m’avait marqué. Il disait que la danse contemporaine africaine est la danse des jeunes africains qui résident dans les grandes villes africaines. Ce discours marque pour moi l’évolution des mentalités en Afrique. Je pouvais m’exprimer à travers la danse et lui donner ainsi une inspiration nouvelle.

Ariry, professeur et danseur ?

Le rôle du danseur pour moi est une compatibilité avec l’éducation. C’est une question d’échelles : tous les messages que je véhicule ont pour objectif la transmission : de savoirs avec les formations que je dispense aux apprenants en danse, et de mes positionnements sociaux avec les spectacles que je conçois et qui sont destinés à un public plus éclectique. Je voudrais que la danse soit pour ces personnes une démarche de préparation de l’avenir, et un loisir.

Pourrait-on définir Rary comme étant une académie de danse ?

Je ne dirais pas cela. Mais je travaille en collaboration avec l’Académie Malagasy pour exposer nos recherches et nos travaux. C’est un moyen pour moi de partager le vocabulaire de danse de Rary.

Ariry, tu es également un créateur de mode…

Je suis le dernier d’une famille de 10 enfants, et j’ai cousu mes vêtements dès l’âge de 13 ans. Mon grand-père et ma mère sont couturiers, et j’ai appris comme ça, sur le tas pendant des années. J’ai ensuite cousu les tenues des hommes pour Tsingory, puis j’ai conçu et réalisé l’ensemble des vêtements et des accessoires de la compagnie Rary. J’ai mis en place Takalo Haingo pour casser la conception que les gens ont de la mode, et qui est faite de mondanités et d’ostentation. L’objectif est pour moi d’ouvrir la création vestimentaire à toutes les couches et les sensibilités, que ce ne soit pas une affaire de classe sociale.
Vous pouvez rencontrer Ariry tous les jours dans son école de danse au Tahala Rarihasina Analakely.
Propos recueillis par Tony Rakoto

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